La novillada 2020

Chers amis aficionados, en cette fin d’année 2019, il est temps de faire notre bilan. La dure réalité de l’organisation de novillada nous est tombée dessus comme un couperet.

Après avoir réalisé 700-900 entrées avec les novilladas françaises et 1200 avec les Albaserrada, nous pensions avoir mis le train en bonne marche et élevé le curseur. Ce ne fut pas le cas…

930 entrées payantes en 2019. C’est notre plafond bas. Nous avons encore du travail pour le remonter, mais nous avons de l’aficion, des idées, une bodega qui marche bien et des partenaires fidèles.

La novillada 2019 et surtout les Jara del Retamar nous ont plu. Novillos tendance dure, qu’il fallait dominer. Maxime Solera, vainqueur de l’Oreille d’Or, a excellé dans ce domaine.

José Antonio Valencia, dont c’était la première novillada piquée, s’est jeté à corps perdu dans la bataille avec le dernier novillo. Il y a mis tous ses moyens et à aucun moment ne s’est échappé.

Cette course a manqué, il est vrai, d’un peu de brillant ; mais l’authenticité était en piste avec des novillos sérieux et des hommes.

Nous continuerons sur ce créneau de la novillada torista car tel est notre ADN et notre façon de voir la fiesta brava.

Cette année sera le 100ème anniversaire de la création de la ganaderia du Conde de la Corte. L’occasion de fêter cet élevage était vraiment tentante. Voilà maintenant 2 ans que nous nous y intéressons. C’est chose faite. Beaucaire et l’ATB fêteront les 100 ans du Conde de la Corte.

Il nous fallait rester sur le même encaste afin de créer un vrai desafío et ce seront des Dolores Aguirre (Atanasio Fernandez x La Corte) qui accompagneront les novillos Condesos. Rendez-vous le dimanche 26 Juillet à Beaucaire.

Bonne fin d’année et bonnes fêtes à toutes et tous…

LES NOVILLOS

LES DERNIERES PHOTOS

CONDE de la CORTE

Dolores AGUIRRE

GANADERIA DU CONDE DE LA CORTE

Evoquer la ganaderia du Conde de La Corte, pour les plus anciens d’entre nous, c’est revenir à l’époque du vrai TORO BRAVO, celui des années 50-60-70. Nous entendons d’ici les esprits curieux nous demander : qu’est-ce qu’un TORO BRAVO ?

Morphologiquement c’est un toro dans le type de son encaste (ne comparons pas un Santa Coloma  et un Parladé)

Sur le plan moral, il doit être combatif jusqu’au bout, avoir de la force (fort comme un toro dit le proverbe), de la puissance, de la promptitude dans sa charge et ceci aussi bien face aux picadors que dans la cape ou la muleta du torero.

C’est le genre de toro qui demande à être dominé et qui « demande les papiers » (comme disent les figuras d’aujourd’hui). Si ce n’est pas le cas, ce sont eux qui vous dominent. Pour toréer un vrai toro bravo, il faut avoir du métier et du courage. Combien de grands maestros se sont fait déborder par ce genre d’animal.

Agustin MENDOZA y MONTORO de ESPINOSA , Conde de la CORTE créera son élevage en 1920 en rachetant  celui de la famille  MORA FIGUEROA, dont il changera le fer pour le O barré couvert de la couronne Condale. En ligne directe des Condes de VISTAHERMOSA , en passant par MURUBE, YBARRA, PARLADE et TAMARON, nous sommes au cœur de l’élevage BRAVO, le nec plus ultra de la cabaña brava. Ces 6 ganaderos consécutifs réussirent, entre 1774 et 1920, à créer un encaste majoritaire et en cannibaliser beaucoup d’autres.

Jusqu’à ce que Juan Pedro DOMECQ (lui aussi en ligne directe du Conde de la Corte), ses frères et leurs acolytes en fassent des « toros artistes », l’encaste LA CORTE était un des plus prisé de l’aficion amoureuse des toros mais aussi des vedettes qui les affrontaient. Toros de respect pour toreros poderosos . Pierre DUPUY, directeur de la revue TOROS pendant 24 ans et torista impénitent, n’hésitera pas à faire du Conde de la Corte, le meilleur ganadero du 20 ème siècle.

Suite à un passage à vide (on dit bache en espagnol) des années 80-90, la crise financière de 2008 a failli avoir raison de l’élevage.

Après Luis Guillermo, c’est aujourd’hui son frère Agustin LOPEZ OLEA qui gère la ganaderia toujours située à Jerez de los CABALLEROS, sur la finca Los BOLSICOS, avec ses enfants et ses neveux.


Deux novillos prévus pour BEAUCAIRE n° 54 et 56

GANADERIA DE DOLORES AGUIRRE

En 1977, Doleres AGUIRRE racheta une ganaderia crée par Atanasio FERNANDEZ pour sa fille. De cette origine prestigieuse, elle gardera des toros parfois grands, osseux et un coté fuyard, manso con casta, caractéristique des Atanasio. Doña Dolores en bonne Bilbaeña qu’elle était, même intime d’Antonio ORDONEZ, savait ce qu’elle voulait comme caractère de toro. L’excès de faiblesse de cette ganaderia ne la satisfaisait pas et elle ne cachait pas son gout pour le toro encasté. Le toro encasté c’est celui qui, malgré l’arme de destruction massive que peuvent représenter les picadors, les chevaux et les piques reste debout, chargeant avec force jusqu’à la fin. INDESTRUCTIBLE.

 La stabilisation de l’élevage et le retour de la caste viendront par un rafraichissement de 2 étalons du Conde de la Corte en 1981 : Ali et Tamaris. Retour à la source la plus pure et surtout retour gagnant. Fin des années 80 les AGUIRRE reprirent le chemin des grandes arènes sur le créneau TORISTA qu’on leur connait encore aujourd’hui.

Ils font régulièrement, depuis 30 ans, les belles après midi des aficionados de Vic Fezensac à St Martin de Crau en passant Ceret, Madrid, Bilbao, Pamplona…..

Dolores n’est plus depuis 2013 mais sa fille Isabel a depuis, brillamment repris le flambeau.

Jusqu’à l’année dernière aucun apports de sang extérieur ne fut pratiqué. En 2019 firent leur entrée dans la dehesa FRIAS, des vaches appartenant au défunt Hilario FERNANDEZ et portant le fer ……….du Conde de La Corte.

Suite à cette présentation il est clair qu’aucune autre ganaderia que celle de Dolores AGUIRRE ne pouvait être présentée sur ce desafio au thème Conde de la Corte et aux 100 ans du fer Condal.

LES NOVILLEROS

Jose Antonio VALENCIA (Venezuela)

C’est un peu notre « petit ». Nous l’avons fait débuter en novillada piquée en 2019, devant les BARCIAL et JARA de RETAMAR. Malgré la difficulté des novillos et des moyens techniques de jeune premier, il ne s’est pas échappé, a fait front surtout au 6ème, grand, lourd et puissant Jara del Retamar. Son duo de banderilleros avec CABRERA risque d’être détonnant et si MONTERO se prend au jeu….

 En le voyant sortir, en pleurs, des arènes à la fin de la course, nous lui avions promis qu’il reviendrait. Chose promise chose due. José Antonio sera à Beaucaire devant les Conde La Corte et Dolores AGUIRRE LE 26 JUILLET 2020.

Photo .COLLEONI (torobravo.fr)

Francisco Jésus MONTERO SCHNEÏDER (Espagne)

Il est le novillero le plus attendu de la saison. Il était maletilla en février 2019. Il a été découvert à Ciudad RODRIGO par un aficionado Arlésien qui le recueillera chez lui et réussira à le faire débuter en Juin à BOUJAN. Toute sa saison ira crescendo en passant par des novilladas dures dans toutes les ferias de septembre. Il finira en apothéose, en remportant le très convoité ZAPATO de ORO d’ARNEDO en octobre devant des Partido de Resina. Céret ne s’y est pas trompé et lui a proposé un seul contre six le weekend avant BEAUCAIRE.

Pour ceux de l’ATB qui n’avaient pas eu la chance de le voir toréer, nous lui avons offert un Toro en décembre afin de l’aider dans son entraînement. Même les plus exigeants, d’entre nous, sont tombés sous le charme : c’est réellement le phénomène attendu de la saison 2020.

2019 MADRID et les SALTILLO
2020 CIUDAD RODRIGO

José Antonio CABRERA AGUILERA

Se nommer CABRERA en tauromachie nous fait remonter loin en des temps anciens où les encastes majoritaires émergeaient de la marisma andalouse. CABRERA, c’est avant tout une race qui donnera plus tard naissance à l’élevage de MIURA. Sur le plan taurin et au vu des élevages qu’affronte José , il joue lui aussi sur la partition torista qui nous intéresse.

Présent en novillada piquée depuis avril 2015, la saison 2019 l’a vu défiler entre autres plazas, à Parentis, Cuellar, Peralta, Villaseca de la Sagra, Madrid, Calasparra…….et les ganaderías de Prieto de la Cal, Los Maños, Saltillo, Monteviejo, Miura……

Cela fait 2 ans qu’il nous sollicite pour venir toréer à Beaucaire sans se soucier des élevages choisis. Nous avons répondu favorablement à son attente cette année.

Le garçon est un vaillant aguerri, habitué aux ganaderias toristas ; en clair le chef de lidia qu’il nous fallait.